L’honorable Jonathan Wilkinson
Ministre de l’Environnement et des
Changements climatiques
Chambre des communes
Ottawa (Ontario) K1A 0A6

Cher ministre Wilkinson,

Nous tenons à profiter de l’occasion pour vous féliciter de votre nomination à titre de ministre de
l’Environnement et pour vous parler du moment critique que représente la 25e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. La COP25 est importante, car il s’agit de la dernière conférence avant 2020, au cours de laquelle tous les pays présenteront des mises à jour de leurs plans d’action climatique nationaux. C’est l’occasion pour vous de montrer aux Canadiennes et Canadiens que vous avez entendu leur message.

Nous avons besoin d’une action urgente et sans précédent, parce que le bouleversement climatique met en danger tout ce que nous chérissons.

Le Canada se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde et produit plus de gaz à effet de serre par habitant que tout autre pays du G20. Nous constatons déjà les effets des incendies de forêt et des conditions météorologiques extrêmes. En 2018, les pertes assurables, découlant de phénomènes météorologiques violents au Canada, ont totalisé 1,9 milliard de dollars. Nous assistons à un déclin des insectes et des pollinisateurs essentiels à notre sécurité alimentaire, à la perte d’espèces et de biodiversité, à l’élévation du niveau de la mer et aux migrations climatiques. Les Canadiennes et Canadiens s’inquiètent de leur propre avenir, celui de leurs enfants et de leurs petits-enfants.

Nous devons faire preuve de plus d’audace et de beaucoup plus d’ambition. Nous devons dire haut et fort que le statu quo est inacceptable. Le Canada doit prendre des mesures d’urgence pour réduire considérablement ses émissions et encourager d’autres pays à se joindre à nous. Nous devons montrer la voie.

Et le leadership exige plus que des mots. Les Canadiennes et Canadiens, tout comme les gens du monde entier, méritent plus que des promesses vides, du déni et de la procrastination.

C’est à la COP25 que nous pouvons voir si notre premier ministre a compris le message. Va-t-il continuer d’être le genre de leader qui suggère de s’attaquer à la crise climatique, tout en subventionnant massivement les grandes pétrolières? Qui dit protéger l’environnement, tout en donnant une exemption aux grands pollueurs? Qui déclare une urgence climatique un jour et approuve un oléoduc le lendemain?

Il est inacceptable de laisser les familles et les collectivités canadiennes faire face, seules, à la crise climatique.

Nous avons besoin d’un plan climatique qui bénéficie à tout le monde. Le passage à une économie neutre en carbone est une opportunité qui devrait profiter à tous. Nous avons besoin d’un plan qui s’attaque à la crise du logement au moyen de logements sociaux écologiques et d’investissements dans les collectivités pour aider les gens à s’adapter aux défis que posent déjà les changements climatiques. Notre plan sur le climat devrait créer de bons emplois pour les familles dans chaque collectivité. La crise climatique n’est pas la faute des travailleuses et travailleurs, qui ne devraient pas payer le prix de l’inaction des gouvernements libéraux et conservateurs successifs. Nous devons créer des possibilités d’emploi grâce à des programmes de rénovations écoénergétiques et des projets d’infrastructure. Un plan crédible devrait accorder la priorité à la réconciliation avec les communautés autochtones. Il devrait appuyer les collectivités qui s’efforcent de devenir des chefs de file en matière de climat grâce à un transport collectif gratuit et électrifié, et il devrait investir dans l’économie de l’énergie propre tout en mettant fin à toutes les subventions aux combustibles fossiles.

Nous avons besoin d’un plan sur le climat qui soit conforme à la science. Nous avons besoin de nouveaux objectifs de réduction des émissions plus stricts et plus ambitieux, conformément au dernier rapport du GIEC. Nos objectifs doivent limiter l’augmentation de la température de la planète à 1,5 degré, et nous devons légiférer pour mettre en place ces objectifs d’émissions fondés sur des données scientifiques. Nous avons également besoin d’objectifs intermédiaires, ainsi que de mécanismes de transparence et d’imputabilité. Les Canadiennes et Canadiens en ont assez que les gouvernements fixent des objectifs sans réelle intention de les atteindre, sans véritable reddition de comptes.

Nous manquons de temps. Nous ne pouvons pas nous permettre de retarder les choses. Nous ne pouvons pas nous permettre de distribuer des milliards aux grandes compagnies pétrolières tout en ignorant l’urgence climatique. Nous ne pouvons pas nous permettre de continuer comme si de rien n’était.

Je vous demande, en tant que ministre de l’Environnement, de faire preuve de leadership à la COP25 en annonçant de nouveaux objectifs de réduction des émissions, en limitant le réchauffement à 1,5 degré et en vous engageant à éliminer toutes les subventions aux combustibles fossiles.

Il est temps d’agir maintenant.

Sincèrement,

Laurel Collins
Députée de Victoria
Porte-parole du NPD pour l’Environnement et les
Changements climatiques

Alexandre Boulerice
Député de Rosemont—La-Petite-Patrie
Porte-parole adjoint du NPD pour
l’Environnement et les Changements climatiques