Monsieur le ministre Mendicino,


Nous vous écrivons pour vous faire part de nos préoccupations quant à l’incidence des retards et des restrictions de traitement actuels de l’IRCC sur les étudiant·es internationaux. À la veille de la session d’automne, la fermeture généralisée des bureaux de l’IRCC, associée au manque d’informations claires sur les mesures auxquelles les étudiant·es internationaux doivent s’attendre à l’approche du mois de septembre, a laissé les étudiant·es internationaux dans l’incertitude quant à leur avenir.

Bien qu’ils paient des frais de scolarité nettement plus élevés que leurs homologues canadiens, les étudiant·es internationaux sont confrontés à des défis importants pour obtenir une éducation adéquate et contribuer à l’économie canadienne. Si nous reconnaissons que votre gouvernement a pris des mesures positives avec les mesures annoncées par l’IRCC le 14 mai dernier, qui permettent aux heures de cours à l’étranger de compter pour les conditions d’admissibilité au Programme de permis de travail post-diplôme, des problèmes majeurs restent non résolus pour les étudiant·es internationaux. Même si les établissements postsecondaires passent en grande partie à des salles de classe numériques, tous les cours ne se traduisent pas bien dans un environnement numérique, les grands décalages horaires et le manque d’accès aux ressources du campus où il est sécuritaire de le faire constituent des obstacles importants pour les étudiant·es
qui cherchent à participer à des discussions en classe.


Les étudiant·es internationaux contribuent à la richesse de nos établissements d’enseignement supérieur et ont contribué à hauteur de 21,6 milliards de dollars au PIB du Canada en 2018. Par ailleurs, les étudiant·es diplômé·es contribuent de façon importante à la recherche universitaire canadienne et risquent d’avoir plus longtemps accès aux laboratoires et aux ressources pour mener à bien leur programme. De récents rapports ont également laissé entendre que les esprits talentueux cherchent de plus en plus à choisir le Canada plutôt que les États-Unis pour poursuivre leurs études, mais les restrictions actuelles rendront cela très difficile. Nous craignons donc que les mesures actuelles prises par le gouvernement ne permettent pas de trouver un équilibre adéquat entre les réalités auxquelles ces étudiant·es sont confrontés et la capacité avérée du Canada à aplatir la courbe.


Nous souhaitons également attirer l’attention sur les préoccupations que nous avons entendues de la part d’étudiant·es potentiels qui sont déjà au Canada avec un permis de travail ou un visa de visiteur et qui souhaitent poursuivre leurs études. Dans l’état actuel des choses, ils sont pris dans les délais de traitement malgré les préoccupations sanitaires liées au fait que la frontière ne s’applique pas à eux et nous vous demandons donc instamment d’accélérer le traitement de ces demandes pour qu’elles soient traitées pour la session d’automne. Nous avons entendu de nombreux rapports de l’IRCC où les salles de courrier sont fermées et il est inacceptable que les retards dans le traitement des demandes augmentent pour les personnes qui sont déjà au Canada alors que l’IRCC n’ouvre même pas le courrier dans de nombreux cas.


Comme mentionné dans une correspondance précédente, nous demeurons favorables à une limitation sévère des déplacements à la frontière canadienne. Cependant, nous croyons que le Canada a démontré qu’il est capable d’adopter une approche plus mesurée grâce à l’utilisation de tests avant l’arrivée, de procédures de quarantaine strictes et d’un contrôle diligent à l’entrée, et nous vous demandons de prendre en considération les étudiant·es internationaux afin qu’ils puissent poursuivre leurs études et contribuer à la relance de l’économie canadienne de façon sécuritaire et efficace. Il est également impératif que vous rouvriez les bureaux d’immigration au-delà du personnel essentiel, tout en tenant compte des mesures de distanciation physique, afin de remédier à l’arriéré croissant de demandes.

Nous vous remercions de votre attention sur cette question et nous attendons avec impatience votre réponse.

Jenny Kwan

Députée pour Vancouver-Est, porte-parole pour l’Immigration, des réfugié.es et de la citoyenneté

Alexandre Boulerice

Député pour Rosemont–La Petite-Patrie et chef adjoint du NPD