Bonjour M. le Ministre,

Vous avez sans aucun doute suivi de très près le dossier des demandeurs d’asile qui travaillent pour protéger et soigner les gens sur la ligne de front au Québec et ailleurs au Canada.

Ce sont des gens qui ont fuit leur pays d’origine pour améliorer leur vie er celle de leurs enfants. Et quand la pandémie a frappé fort, ces gens n’ont pas hésité à travailler sur dans les services essentiels afin de nous approvisionner, de nous soigner et de nous aider. Prenons par exemple les demandeurs d’asile qui travaillent présentement dans des conditions extrêmement difficiles dans les CHSLD. J’ai entendu des témoignages de ces gens, particulièrement des demandeurs d’asile haïtiens, que prendre soin des aîné.es, c’est une responsabilité qu’on a. Je pense que vous seriez d’accord avec moi pour dire qu’il s’agit là, d’une valeur importante et une valeur digne de la société que nous voulons bâtir.

Certains ont perdu de personnes qu’ils avaient tenté de soigner, tenté d’aider. D’autres ont perdu des collègues. Certains ont frôlé la mort. Et nous connaissons tous maintenant le nom de Marcelin François, qui a perdu sa vie.

Même après tous ces sacrifices, après tout ce travail, ces personnes, ainsi que leurs familles, risquent toujours de se faire expulser du pays quand cette terrible pandémie ne sera plus qu’un souvenir. Une telle situation serait impensable. Il faut donc trouver une solution afin de les remercier et de leur permettre de rester au Québec et au Canada.

Jusqu’à présent, la réponse de votre gouvernement a été ambiguë. En entrevue, votre collègue, qui est également lieutenant du Québec pour votre gouvernement, a laissé sous entendre qu’il n’y avait pas de solution simple. Pourtant, la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés vous accorde des pouvoirs discrétionnaires. Selon l’article 25.2(1) de la dite loi, vous pouvez « étudier le cas de l’étranger qui est interdit de territoire ou qui ne se conforme pas à la présente loi et lui octroyer le statut de résident permanent » si vous estimez que l’intérêt public le justifie.

Il existe des exemples très récents où votre gouvernement a fait appel à cette disposition afin de reconnaître la contribution économique d’un groupe de gens. Dans le cas de la « Politique d’intérêt public temporaire pour les travailleurs de la construction sans statut dans la région du Grand Toronto » votre gouvernement a facilité l’accès au statut de résident permanent pour 500 travailleurs de la construction, ainsi que leurs familles, dans la région de Toronto.

Je vous demande donc d’invoquer cette clause et de l’appliquer à la liste des travailleurs essentiels déterminée par le gouvernement du Québec. Vous serez d’accord avec moi qu’il est dans l’intérêt public de reconnaître la contribution de ces gens. Il sera important de collaborer avec le gouvernement du Québec dans ce processus, qui a déjà indiqué le désir d’étudier les dossiers de ces gens.

Je suis disponible pour discuter de cet enjeu si vous jugez que c’est nécessaire.

Cordialement,

Alexandre Boulerice

Député de Rosemont—La Petite-Patrie

Chef adjoint du NPD