OTTAWA – Bien que le cannabis soit maintenant légal au Canada, de trop nombreuses personnes sont toujours aux prises avec un casier judiciaire pour possession simple. Ce dossier criminel complique leur vie lorsqu’il est question, notamment, de voyager ou de se trouver un emploi. Jeudi, le porte-parole du NPD en matière de justice, Murray Rankin, a demandé au gouvernement libéral de supprimer tous les casiers judiciaires pour possession mineure de cannabis et a pressé le gouvernement d’appuyer son projet de loi, C-415, qui sera débattu à la Chambre des communes vendredi.

« Plutôt que d’appuyer le projet de loi que j’ai déposé afin d’effacer complètement les dossiers criminels pour possession simple de cannabis, le gouvernement libéral s’est seulement engagé à présenter un projet de loi l’an prochain pour mettre en place un système de pardon gratuit et accéléré, a expliqué M. Rankin. Cependant, je ne vois pas comment ils arriveront à faire adopter une loi qu’ils n’ont pas encore rédigée avant la prochaine élection. Le cannabis est légal depuis plus d’un mois, et pourtant des milliers de Canadiens et Canadiennes sont toujours aux prises avec les obstacles causés par leur casier judiciaire. Pourquoi ce gouvernement insiste-t-il pour que ces personnes attendent encore plus longtemps? »

Le NPD propose un processus de radiation plutôt qu’un processus de pardon en raison de l’application historiquement injuste des lois sur le cannabis. Partout au pays, les personnes noires et les Autochtones ont été accablés de casiers judiciaires de manière disproportionnée pour la possession de petites quantités de cannabis, ce qui leur rendait les choses plus difficiles pour obtenir un logement ou un emploi.

« La Charte canadienne des droits et libertés garantit que tout le monde au Canada est égal en vertu de la loi. Nous avons droit à une protection égale et à des avantages égaux sans discrimination basée sur la race. Alors pourquoi à Halifax les personnes noires avaient cinq fois plus de risques d’être arrêtées pour possession de cannabis? Et pourquoi à Regina les Autochtones avaient neuf fois plus de risques d’être arrêtées pour possession de cannabis?, a observé M. Rankin. Ces 500 000 Canadiens et Canadiennes qui méritent la liberté, pas un pardon. »