BURNABY – Vendredi, le chef du NPD, Jagmeet Singh, a demandé au premier ministre Justin Trudeau d’inviter le commissaire fédéral à l’éthique à faire enquête sur les actions du gouvernement relativement à SNC-Lavalin et qui pourraient avoir mené au retrait de Jody Wilson-Raybould de son poste de procureure générale du Canada. « La population canadienne mérite un gouvernement qui est de son côté, et non du côté d’une grande multinationale ayant des liens étroits avec le Parti libéral, a déclaré M. Singh. Si le premier ministre croit vraiment qu’aucun geste répréhensible n’a été posé dans cette affaire, il devrait inviter le commissaire à l’éthique à mener une enquête pour étudier les relations entre son bureau et SNC-Lavalin et pour évaluer si cela a pu être un facteur expliquant le retrait de Mme Wilson-Raybould de son poste de procureure générale. » La Loi sur les conflits d’intérêts interdit à tout membre du gouvernement d’octroyer un traitement préférentiel à toute personne ou organisation en se basant sur l’identité de la personne ou de l’organisation qui la représente. En 2016, le Parti libéral du Canada a été obligé de retourner plus de 100 000 $ en dons illégaux qu’il avait reçus de la caisse politique occulte de SNC-Lavalin. Dans son enquête, le commissaire à l’éthique devrait aussi examiner si Justin Trudeau était l’un des bénéficiaires de ces dons illégaux. Par ailleurs, M. Singh a cité d’autres articles de la Loi régissant « l’influence » et « l’information privilégiée » comme autres sources possibles d’infractions supplémentaires. La journée où Justin Trudeau lui a enlevé la charge de procureure générale, Mme Wilson-Raybould a écrit : « Un des piliers de notre démocratie est que notre système de justice doit être exempt de toute ingérence politique, voire de toute perception d’ingérence politique, et doit maintenir les plus hauts niveaux de confiance du public ».

M. Singh a aussi fait remarquer que la rétrogradation de Mme Wilson-Raybould a été accueillie avec colère par d’importants intervenants de la société civile, comme l’Union of B.C. Indian Chiefs. « Le premier ministre a pris la décision très limpide d’abandonner son programme pour la réconciliation et de plutôt favoriser les entreprises et l’industrie », a déclaré le grand chef Stewart Phillip au sujet de cette décision.