OTTAWA – Jeudi, le NPD a demandé au gouvernement libéral d’écouter la population canadienne en refusant de signer l’AEUMC tant que des modifications importantes n’y sont pas apportées. Dans l’état actuel des choses, le nouvel accord donne aux États-Unis un droit de regard sur le secteur laitier canadien et est muet sur la question des tarifs sur l’aluminium et l’acier.

« La valeur des échanges commerciaux entre le Canada, les États-Unis et le Mexique s’élèvent à plusieurs milliards de dollars chaque année. L’AEUMC aura donc des conséquences importantes pour nos travailleurs et travailleuses, notre secteur agricole et nos entreprises. Le gouvernement dit qu’il est « en voie » de signer l’AEUMC demain, mais ils n’ont même pas de document final à signer. Le texte a changé depuis qu’il a été accepté, et les équipes de négociation canadiennes et américaines en font une interprétation différente sur des enjeux comme les produits laitiers, a déclaré la porte-parole du NPD en matière de commerce international, Tracey Ramsey. Il y a trop d’incertitudes. Le gouvernement libéral ne peut pas signer cet accord tant que les tarifs nocifs sur l’aluminium et l’acier restent en place. C’est un non-sens pour le Canada de signer cet accord et de renoncer à notre seule occasion d’éliminer les tarifs injustes de Trump et de demander des clarifications sur les impacts de l’accord pour le secteur laitier. »

Le gouvernement libéral a entamé des négociations en promettant de défendre les producteurs et productrices de lait, de volaille et d’œufs et en faisant miroiter des mesures progressistes comme de meilleures protections environnementales ou encore des chapitres portant sur le genre et les droits des peuples autochtones. Au final, rien de tout cela n’a été inclus dans l’accord, et le gouvernement libéral a fait des concessions majeures à l’administration Trump qui vont nuire à notre secteur agricole en plus de restreindre l’accès des Canadiens et Canadiennes à des aliments produits localement et de mettre en danger leur sécurité alimentaire.

Il faut aussi souligner que 35 000 emplois directs et 135 000 emplois indirects au Canada dépendent du secteur de l’acier et de l’aluminium. Ces travailleurs et travailleuses ont besoin que le gouvernement libéral trouve un moyen de se débarrasser des tarifs sur ces produits. Si l’AEUMC est signé demain, notre meilleur levier pour faire pression en ce sens disparaîtra.

« Alors que le gouvernement de M. Trudeau clame qu’il n’a pas approuvé la clause sur la surveillant et qu’elle ne sera pas incluse dans l’accord final, la population canadienne a de la difficulté à le croire sur parole, et les producteurs laitiers s’inquiètent que le gouvernement libéral n’ait toujours pas rendu public le texte final, a ajouté le porte-parole du NPD en matière d’agriculture, Alistair MacGregor. Toute supervision américaine de notre secteur laitier mettrait en danger la souveraineté alimentaire canadienne. Comment pouvons-nous considérer signer un accord qui non seulement donne un plus grand accès à notre marché laitier, mais qui en plus laisse les Américains dicter notre politique pour ce secteur? Les néo-démocrates vont continuer de faire pression sur le gouvernement pour qu’il modifie l’AEUMC afin de réellement répondre aux besoins de la population canadienne. »