« Les néo-démocrates sont déterminés à changer la culture politique à Ottawa et partout au pays, à mettre fin au harcèlement et à la discrimination qui réduit les femmes au silence, et qui protège ou approuve le comportement de ceux qui utilisent leur position de pouvoir – qu’ils le reconnaissent ou non – pour causer du tort aux autres. Nous savons qu’il ne s’agit pas d’un enjeu partisan, et que nous sommes tous et toutes responsables de créer ce changement. Les politiciens de sexe masculin ont la responsabilité particulière de réfléchir à la façon dont ils interagissent avec leur environnement et avec les personnes qui les entourent. En ce qui concerne M. Erin Weir, l’enquêteuse indépendante a découvert qu’une allégation de harcèlement, et trois allégations de harcèlement sexuel, étaient soutenues par des preuves. Pour ce qui est des allégations fondées de harcèlement sexuel, que l’enquêteuse a défini comme des gestes de nature sexuelle “dont on pourrait raisonnablement s’attendre à ce qu’ils causent des préjudices”, il a été déterminé que M. Weir n’avait pas su lire les signaux non verbaux dans des situations sociales et que son comportement avait entraîné des conséquences néfastes considérables pour les personnes ayant formulé des plaintes. Le rapport montre que, lorsqu’il s’est fait dire que ses avances n’étaient pas désirées, M. Weir s’est arrêté. En me fondant sur les constats de l’enquêteuse, j’ai envisagé diverses mesures correctrices, y compris la conciliation. Une telle approche de réhabilitation demanderait à M. Weir d’assumer la pleine responsabilité de ses actions et de s’engager à compléter avec succès une formation visant à s’assurer que de tels comportements ne se produiraient plus. Lors de conversations avec M. Weir, j’ai été amené à croire qu’il était prêt à prendre la responsabilité pour ses gestes. Toutefois, des développements récents montrent que M. Weir n’est pas disposé à assumer la responsabilité de façon appropriée pour ses gestes, et ainsi que toute approche de réhabilitation est maintenant impossible. Hier soir, j’ai informé M. Weir de ma décision de l’exclure du caucus, et ce, immédiatement. En tant que chef du NPD, ma responsabilité première est de m’assurer que le comportement à la base de ces incidents est abordé, que cela ne se reproduise plus jamais, et de faire tous les efforts possibles pour répondre aux besoins des personnes ayant subi les conséquences de ces gestes. Dans l’impossibilité d’obtenir de telles garanties, je ne peux pas, en bonne conscience, permettre à M. Weir de demeurer membre du caucus du NPD. J’ai confiance que dans cette situation, nous avons réagi de manière appropriée et équitable aux allégations formulées et que M. Weir a eu l’occasion d’accepter les constats du rapport et d’assumer la responsabilité de ses gestes. Le NPD a entamé un examen exhaustif de ses politiques sur le harcèlement, de concert avec tous les aspects de son organisation. C’est un travail important, et une grande priorité pour moi personnellement. Nous devons tenir les personnes responsables de leur comportement, mais nous devons aussi nous assurer que nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour bâtir un milieu de travail où les gens peuvent se manifester en se sentant soutenus par un processus protégé et rigoureux, qui ne cause pas davantage de tort aux personnes qui formulent des plaintes.

Surtout, nous devons créer un milieu de travail sécuritaire pour tout le monde. Ce sont mes valeurs. Ce sont des valeurs néo-démocrates. Ce sont des valeurs canadiennes. »