On ne sort pas indemne d’un voyage en Palestine.

Du point de vue d’un Québécois, et d’un défenseur des droits humains, les humiliations et les discriminations que vivent quotidiennement les Palestiniens sont difficiles à supporter. C’est une chose de le lire, de le savoir. C’est autre chose de le voir, de l’entendre et de le vivre.

J’ai eu la chance unique de participer à un voyage d’une semaine en Cisjordanie organisé par l’Autorité Palestinienne avec une délégation de députés canadiens. Nous avons visité plusieurs villes et un camp de réfugiés, en plus de rencontrer des citoyens et des organismes de la société civile palestinienne et israélienne.

Mon collègue Peter Julian et moi devant la vallée de Cremisan, où la colonie israélienne sera bientôt agrandie.

Il est difficile de résumer ou condenser tout ce que nous avons vécu et observé, mais voici trois grandes lignes directrices.

Les Palestiniens vivent sous une occupation militaire
Checkpoints, barrages, tours d’observations, murs, justice militaire (même pour les adolescents), et décisions arbitraires des soldats. Sans compter les descentes au hasard des soldats dans les maisons palestiniennes au beau milieu de la nuit. Cela est la réalité quotidienne pour ces millions de personnes.

Les Palestiniens subissent une discrimination systémique
Des rues, des autoroutes, des tunnels et des lignes d’autobus sont réservés aux Israéliens et aux colons, mais sont interdites aux Palestiniens. En plus d’un accès à l’eau souvent difficile, leur mobilité est restreinte. Par exemple, l’accès à Jérusalem-Est est très limité pour les habitants du reste de la Cisjordanie. Enfin, les colons ont le droit de porter des armes, contrairement au reste de la population.

Un colon armé dans la ville d’Hébron.

La politique de colonisation illégale a toutes les apparences d’une annexion progressive
Le mur de « sécurité » et les nouvelles colonies grugent peu à peu le territoire palestinien en Cisjordanie. Certaines villes sont carrément encerclées par des colonies. Certaines communautés bédouines sont également écartées par des avis d’évictions. La viabilité d’un futur État palestinien est de plus en plus menacée.

Pourtant, les gens que nous avons rencontré gardent espoir et nous demandent de porter le même espoir d’une paix durable entre deux États qui se reconnaissent et se respectent. Deux États viables qui vivent en sécurité. Les Palestiniens sont prêts à avoir un État sans armée; un compromis qui en dit long sur leur volonté de rassurer leur interlocuteur. Ils demandent le respect des droits humains, du droit international et des résolutions des Nations unies.

Ces jeunes filles ont été élues en tant que Conseil étudiant par leurs camarades de classe. Malgré avoir habité dans un camp de réfugiés toute leur vie, elles ont plein d’ambitions pour l’avenir.

C’est notre responsabilité, ici, de témoigner de ce que nous avons vu, et de peser en faveur d’une solution pacifique et juste pour cette région qui souffre depuis trop longtemps. Nous allons faire notre part.